Fatigue chronique liée au cancer

La fatigue chronique liée au cancer, aussi appelée « fatigue cancéreuse », se manifeste par une sensation persistante d’épuisement physique, mental et émotionnel qui ne disparaît pas avec le repos ou le sommeil. Elle affecte jusqu’à 30–90 % des personnes touchées par un cancer, notamment pendant et après les traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Causes et Facteurs de Risque

Cette fatigue résulte principalement des effets des traitements anticancéreux (chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie) qui perturbent la production de globules rouges et induisent une inflammation systémique. Les altérations hormonales (thyroïde, cortisol) et métaboliques aggravent également l’épuisement. Des conditions associées — dépression, troubles du sommeil, douleurs chroniques, mauvaise alimentation, manque d’activité physique et stress — peuvent majorer cette fatigue.

Symptômes

  • Sensation persistante d’épuisement non soulagée par le repos
  • Difficultés de concentration et troubles de la mémoire
  • Réduction de la capacité à effectuer les tâches quotidiennes
  • Humeur dépressive ou irritabilité
  • Fatigue apparaissant dès le diagnostic ou s’intensifiant pendant les traitements
  • Persistance de la fatigue plusieurs mois, voire années, après les traitements

Diagnostic

Le diagnostic repose sur un bilan sanguin à la recherche d’anémie, de carences nutritionnelles ou de troubles métaboliques, ainsi que sur l’évaluation de la fonction thyroïdienne, hépatique et rénale. Des questionnaires validés (Brief Fatigue Inventory, EORTC QLQ‑C30) mesurent l’intensité et l’impact de la fatigue. On exclut d’autres causes de fatigue chronique (dépression majeure, apnée du sommeil) avant de poser le diagnostic.

Traitements

  • Prescription d’EPO en cas d’anémie sévère
  • Gestion de la douleur et recours à des psychostimulants sous supervision médicale
  • Thérapie cognitive‑comportementale et participation à des groupes de soutien
  • Programmes d’exercice modéré (marche, yoga, natation) adaptés aux capacités
  • Hygiène de vie renforcée : alimentation équilibrée, sommeil régulier, techniques de relaxation
  • Stratégies pratiques : planification de pauses régulières, priorisation des tâches et demande d’aide

Prévention

Une activité physique régulière adaptée, une alimentation variée pour éviter la dénutrition et des pratiques de gestion du stress (méditation, relaxation) constituent les meilleures stratégies pour réduire le risque de fatigue sévère. Un suivi médical régulier permet de détecter précocement l’apparition ou l’aggravation de la fatigue.

Risques psychosociaux

La fatigue chronique peut amplifier anxiété et dépression, réduire l’estime de soi et isoler socialement. Au travail, elle expose à la stigmatisation et aux discriminations, tandis que les arrêts répétés contribuent à des difficultés financières et familiales.

Sources :

  • Berger AM, Abernethy AP, Atkinson A, et al. NCCN Clinical Practice Guidelines in Oncology: Cancer-Related Fatigue. JNCCN. 2015;13(8):1012–1039.
  • Mitchell AJ & Chan M. Screening and assessment for distress in clinical oncology: guidelines and recommendations. J Clin Oncol. 2013;31(29):3669–3676.
  • Sezer A, Gültekin M, Yildirim B. Discrimination and bullying experiences among cancer survivors in the workplace: a cross-sectional study. J Psycho-Oncol. 2022;31(5):142–148.

Rédaction : Léa KAUTZMANN