Les spondyloarthrites : des maladies aux mille visages

Les spondylarthrites sont un groupe de rhumatismes inflammatoires chroniques, affectant 0,3 % de la population française qui débutent souvent entre 16 et 30 ans Elles se manifestent généralement par une inflammation des zones d'attache des tendons et ligaments sur les os, ainsi que sur d’autres parties du corps comme les articulations.
En France, environ 300 000 personnes seraient concernées par l’une des spondylarthrites. Le plus souvent, la maladie débute chez les jeunes adultes vers 20 à 30 ans.

Qu’est-ce que les spondyloarthrites ?

Les spondyloarthrites désignent un groupe de rhumatismes inflammatoires chroniques qui ont certaines manifestations similaires ainsi qu’un terrain génétique commun.

Elles se caractérisent par une inflammation des enthèses, qui sont les zones d’attache des tendons et ligaments sur les os. Cette inflammation s'accompagne d’une dégradation progressive des articulations et est liée à un dysfonctionnement du système immunitaire.

Généralement, les spondyloarthrites affectent les articulations au niveau de la colonne vertébrale et du bassin (forme axiale) et/ou des membres (forme périphérique). Elles peuvent également affecter d’autres parties du corps comme les yeux.

Quelles en sont les causes ?

Les spondyloarthrites ont souvent une origine génétique. Environ 20 à 30 % des personnes atteintes ont aussi des proches touchés par des maladies liées, comme l’uvéite (inflammation de l’œil), des problèmes intestinaux (entérocolopathie) ou encore le psoriasis (maladie de la peau).

Un élément clé dans cette prédisposition génétique est la présence du gène HLA-B27. Ce gène semble jouer un rôle dans le développement de ces maladies et explique pourquoi certaines formes de spondyloarthrite sont plus fréquentes dans certaines familles. Mais l’absence de ce gène n’exclut pas la maladie, tout comme sa présence ne suffit pas à poser un diagnostic puisque 97% des personnes ayant ce gène ne développeront jamais la maladie.

Quelles sont les différentes formes ?

Il existe 5 formes principales de spondylarthrites ;

  1. La Spondylarthrite ankylosante (SPA) : La forme la plus typique et la plus sévère. Elle affecte principalement la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques, et s’accompagne de raideurs et d’une ossification progressive des enthèses.
    Elle atteint également les membres périphériques chez une personne sur deux et peut également toucher certaines autres zones du corps. 
    L'uvéite antérieure aiguë est la manifestation extra-articulaire la plus fréquente. Il s'agit d'une inflammation de la membrane interne de l’œil présente dans 10 à 30 % des cas.
  2. Les spondylarthrites indifférenciées : Habituellement les formes les plus bénignes, qui peuvent à terme évoluer vers une autre forme de spondylarthrites. 
    Dans environ 90% des cas, elles s’accompagnent d’une inflammation des enthèses au niveau des membres périphériques.
  3. Le Rhumatisme psoriasique : Souvent associé à un psoriasis cutané qui précède la survenue des manifestations articulaires, il touche préférentiellement les articulations périphériques
    À noter qu’il existe des formes sans atteinte de la peau (voir fiche sur le psoriasis).
  4. L’Arthrite réactionnelle : Survient généralement après une infection génitale ou digestive, il s’agit le plus souvent d’une atteinte aiguë. Les symptômes articulaires apparaissent habituellement entre 1 et 3 semaines après l’infection. 
    L’atteinte articulaire s’associe parfois à une conjonctivite, une inflammation de l’urètre chez l'homme ou une inflammation du col de l’utérus chez la femme 
    Dans 10 à 20% des cas, l'atteinte articulaire devient chronique et peut évoluer vers une spondylarthrite ankylosante.
  5. Les Arthrites associées aux maladies inflammatoires de l’intestin : Des atteintes articulaires sont retrouvées dans 10 à 20% des cas de maladies de Crohn ou de rectocolite hémorragique.
    L’atteinte des articulations périphériques évoluent souvent en même temps que les troubles digestifs, tandis que l’atteinte axiale (colonne, bassin, thorax) suit son propre rythme.
    La maladie de Verneuil peut aussi être associée à ces affections.
  6. D’autres formes rares peuvent survenir comme dans le SAPHO (syndrome ostéoarticulaire) ou bien la pustulose palmo-plantaire. Le syndrome SAPHO associe des douleurs articulaires touchant le thorax, la colonne, le bassin et parfois la mâchoire, avec une possible inflammation des clavicules, hanches ou genoux. 
    Il s’accompagne souvent de lésions cutanées comme de l’acné pustuleuse (visage, cou, tronc) ou une pustulose des mains et pieds, qui peuvent apparaître bien avant ou après les atteintes articulaires.
    D’autres symptômes comme la fatigue, fièvre, perte de poids et troubles digestifs peuvent également être présents.
Spondy

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes varient selon le type de spondylarthrite. Les plus fréquents sont :

  • Des douleurs dans le bas du dos, le bassin ou les fesses, généralement plus intenses la nuit, améliorée par l’activité et exacerbée par le repos (douleurs inflammatoires)
  • Des raideurs articulaires matinales qui limitent les mouvements au réveil.

Il existe aussi souvent : 

  • Une fatigue chronique invalidante, avec ou sans trouble du sommeil 
  • Des douleurs au niveau des grosses et petites articulations telles que les épaules, les genoux et les doigts


Parfois, elles s’accompagnent :

  • D’un retentissement psychique important, avec des troubles anxio-dépressifs réactionnels. Une étude faite en 2017 sur les patients atteints de spondylarthrite axiale révèle que 20% des patients avaient un diagnostic clinique d’anxiété et 15% de dépression.
  • De signes d’inflammation extra-articulaires tels que l'uvéite (30 % des cas) et le psoriasis cutané (15 %).

En résumé, les spondyloarthrites sont une famille de maladies variées aux multiples symptômes et signes cliniques.