Les spondyloarthrites : Du diagnostic à la prise en charge

Les spondylarthrites sont un groupe de rhumatismes inflammatoires chroniques, avec certaines manifestations similaires ainsi qu’un terrain génétique commun (voir fiche : “Les spondylarthrites : des maladies aux mille visages”).

Comment sont-elles diagnostiquées ?

Le diagnostic repose sur des critères de classification établis pour classer la spondylarthrite et sa prise en charge (critères de l'ESSG, d'Amor ou ceux de l'ASAS). 
Afin de recueillir ces critères, le professionnel de santé peut avoir recours à :

  • Un interrogatoire clinique pour connaître le type de douleurs ressenti, leur localisation et les moments où elles surviennent.
  • L’imagerie :  Des radiographies standard de la colonne vertébrale et des hanches, ainsi que des échographies des enthèses. Des examens plus sensibles tels qu’un scanner ou une IRM peuvent également permettre de préciser le degré d’atteinte des articulations.
  • Les analyses sanguines : Dans 70 à 80% des cas, il existe des signes d’inflammation avec une augmentation de la vitesse de sédimentation et du taux de protéine C-réactive (CRP, une protéine produite lors d’inflammation). Il est également fréquemment retrouvé la présence de l'antigène HLA B27.


À noter que l’absence du gène HLA-B27 n’élimine pas la possibilité d’une spondyloarthrite. Par exemple, dans le rhumatisme psoriasique, ce gène est présent chez environ 25 % des patients, alors qu’il est présent chez environ 90 % des patients atteints de spondylarthrite ankylosante. De plus, la présence seule du gène HLA-B27 est insuffisante pour établir un diagnostic, car seulement une petite fraction des personnes portant ce gène développera la maladie, environ 3 %.

Quelles prises en charge ?

La prise en soin des spondylarthrites est globale. Elle associe des traitements médicamenteux ainsi que des interventions non médicamenteuses.

Il existe notamment des traitements de fond afin de limiter l’inflammation chronique et, ainsi, l’évolution de la maladie.

En fonction des situations, il peut être mis en place :

  • Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) au long cours, c’est un traitement de première ligne pour soulager douleurs et raideurs
  • Des traitements de fond pour diminuer la réaction inflammatoire de manière durable. Tels que les biothérapies et anti-TNF pour les formes sévères ou le Méthotrexate ou Sulfasalazine pour les atteintes articulaires périphériques.

Il est également souvent proposé des traitements médicamenteux locaux et généraux à visée symptomatique. Ils ont pour principal objectif de réduire la douleur.   

Par ailleurs, l’activité physique régulière et la kinésithérapie accompagnée sont indispensables dans le traitement des spondyloarthrites, car elles permettent de mieux compenser les effets de la maladie. Un bon état d’entraînement aide à maintenir les performances physiques même lorsque la cage thoracique est raidie ou que l’arthrose est présente, en renforçant la musculature autour des articulations affectées. Cela contribue à améliorer la qualité de vie et à réduire l’impact des poussées inflammatoires.

Enfin, les programmes d’éducation thérapeutique du Patient (ETP) et un accompagnement psychologique sont des dispositifs qui peuvent permettre de mieux vivre la maladie au quotidien.

Ressources et liens utiles

Sources :

  • COFER: ”Spondylarthrite inflammatoire Item193 UE7 “
  • LA REVUE DU PRATICIEN: “Vivre avec une spondylarthrite ” 2021
  • INSERM : “Spondyloarthrites” 2023
  • VIDAL : “Spondylarthrite” 2023, 
  • VIDAL: “Les causes et la transmission du rhumatisme psoriasique” 2023
  • Dr EDOUARD PERTUISET: “Psychological Distress in Patients with Axial Spondyloarthritis in Europe: Results from the European Map of Axial Spondyloarthritis Survey” 2018
  • ASIF: “Atlas of Spondyloarthrite ” 2017   
  • ORPHANET: “l’arthrite réactionnelle” 2021
  • FAI2R: “Généralités : SAPHO”
  • EM CONSULTE: “Spondylarthrite ankylosante, positivité de HLA-B27 et utilisation des biothérapies”  2017
  • BECHTEREW (Société Suisse de la Spondylarthrite Ankylosante) : “Mouvement et sport – pourquoi cela en vaut la peine “ 2022